Dimanche 7 septembre 2008

Quelle meilleure façon d'inaugurer cette nouvelle rubrique d'analyse de texte que de s'attaquer à un monument, que dis-je, un monstre de la chanson française!

Cette chanson, tout le monde l'a fredonnée au moins une fois, généralement involontairement ou parce qu'on l'a entendue à la radio juste avant. Ou par masochisme à la limite. C'est, accrochez vous bien...une chanson d'amour! Je sais, ça fait peur. Les chansons d'amour... Les seules chansons qui soulèvent mon estomac et font frissonner mon rectum en même temps. Et quelle chanson ai-je choisi? La plus belle, la plus grande d'entre toutes, interprété par le meilleur d'entre tous; Johnny Hallyday!

Comment ouvrir un blog sans lui, la momie de la chanson française (toujours en compétition avec Charles Aznavour bien sûr) ? Impensable! Et la chanson? La meilleure: Que je t'aime! Vous voyez, vous la fredonnez déjà! Honte à vous... Et dites vous bien que cette chanson, vous ne la verrez plus jamais de la même façon après cet article, qui creuse l'essence même des paroles pour en dégager le sens réel. Je vous ai prévenu, accrochez vous bien, ça sera toujours comme ça!


Avant même les paroles, commençons par le titre. Que je t'aime. Bon , au moins, c'est clair. Il l'aime et il va nous en parler. Chouette, une belle chanson d'amour dégoulinante de miel. Mais comment l'aime t'il? Blonde? Brune? Naine? Velue? Couverte de mayonnaise, ou dégoulinante de miel elle aussi? Le suspense est entier. Jen n'en peux déjà plus d'attendre. Passons aux paroles...

Quand tes cheveux s'étalent, Comme un soleil d'été...

A défaut d'étaler du miel, ce sont les cheveux qui s'en chargent, ce qui semble signifier qu'ils sont longs. Le soleil d'été laisse supposer, quant à lui, qu'ils sont blonds. A moins qu'elle ne soit comme le soleil auquel on a droit depuis 2 ans; voilé et humide. Peut-être est-ce ce qu'il veut nous faire comprendre... J'en doute. Comment ses cheveux s'étaleraient-ils comme après une folle nuit d'amour? Les réponses suivent...

Et que ton oreiller, Ressemble aux champs de blé...

Première bonne supposition; elle est blonde. Deuxième bonne supposition; la nuit d'amour. Indice: l'oreiller (et là vous vous dites, quelle perspicacité...je sais oui) J'imagine de là la scène. Notre beau Jojo, tout transpirant, nonchalamment alongé sur le lit, appuyé sur son coude, les yeux brillants d'amour fixant la chevelure étalée de sa dulcinée, et qui repense à cette folle nuit en se caressant négligemment le ventre... Ca laisse rêveur! Par contre, je reste songeur quant à la comparaison des cheveux avec des champs de blé. Je ne sais pas si vous avez déjà caressé un épi de blé, mais question douceur et volupté, on a vu mieux. Cette femme aurait-elle les cheveux tout raides? Ou alors... Je n'ose l'imaginer! Se pourrait-il que ce soit une perruque? Notre beau Jojo lâchement abusé? Impensable...

Quand l'ombre et la lumière, Dessinent sur ton corps...

Ma vision de la scène se précise. Ils sont allongés, la lumière du soleil couchant striée par les persiennes mi-closes, vient éclairer leurs corps. Il la contemple, toujours transpirant, et que voit-il?

Des montagnes, des forêts, Et des îles aux trésors...

Oh le coquin... Alors les montages, je peux imaginer, mais les forêts... S'il avait dit des buissons, ça passait à la limite, mais quand même pas des forêts!! Ou alors il aime les femmes vraiment très poilues... A ce moment là du texte, vous devez être comme moi. En plein doute. Votre image du beau Jojo est en train de se flétrir, de se déliter comme une touffe de poils dans un tuyau attaquée par du Harpic et qui libère un torrent de désillusion. C'est pas le Jojo qu'on a connu, ça. Et ça ne fait que commencer... Malgré tout, il tente de nous rassurer, de nous assurer que il l'aime, que il l'aime, que il l'ai-meuh... Et ce 6 fois... L'amour est aveugle. Deuxième couplet.

Quand ta bouche se fait douce...

Enfin, on passe aux choses sérieuses!

Quand ton corps se fait dur...

Heu... Alors ça, ça refroidit... Sérieusement, quelle partie du corps d'une femme peut se durcir au point d'être capable de le remarquer en étant allongé à côté d'elle? Mon cerveau ébulitionne soudain. La perruque, les poils, le membre qui durcit... impossible... Jean-Phi, qu'as tu fais?

Quand le ciel dans tes yeux, D'un seul coup n'est plus pur...

Elle...enfin, cette personne, aurait les yeux d'un bleu impur? Mes neurones s'entrechoquent. Peut-être qu'elle louche. Ou que ses yeux sont injectés de sang... Une droguée! Et lui qui ne voit rien!

Quand tes mains voudraient bien, Que tes doigts n'osent pas, Quand ta pudeur dit non, D'une toute petite voix...

Imaginez-vous une personne qui tend sa main, qui veut, mais dont les doigts n'osent pas. Ses doigts seraient-ils repoussés par le corps huileux du beau Jojo? Impensable. Peut-être a t'elle des problèmes moteur. Une handicapée? Ou alors elle se pose des questions. "Et s'il remarquait que je ne suis pas une femme!" par exemple. Ou alors "C'est normal qu'il transpire autant?" Et lui, aveuglé, par le soleil couchant sûrement, qui continue sa litanie, que il l'aime. Il tente peut-être de se convaincre. Ou alors il n'a toujours rien remarqué! Quelle truffe ce type...

Quand tu ne te sens plus chatte...

Bah oui, du coup, forcément... Ca devrait lui mettre la puce à l'oreille! Puce sûrement originaire des poils ci dessus cités, bien évidemment.

Et que tu deviens chienne, Et qu'à l'appel du loup, Tu brises enfin tes chaînes...

Ca y est, le beau transexuel tout excité a vu le loup! Il ne se contient plus, ses doigts n'hesitent plus. Il fait fi du corps suant de Jean-Phi la truffe, défait les chaînes terminées par de petites menottes rembourrées à plumes roses l'entravant à la tête de lit et se jette sur lui, tous poils dressés.

Quand ton premier soupir, Se finit dans un cri...

Premier soupir, premier cri. 4 secondes chrono... Belle performance! C'est pas la Poste le Johnny, à peine entré déjà fini!

Quand c'est moi qui dit non, Que c'est toi qui dit oui...

Ca y est! Hourra! Il a compris! Il sait. Il ferme les yeux, honteux, nie l'évidence, psalmodie sûrement quelques jurons. Des larmes coulent de ses yeux bouffis d'alcoolique et se mêlent à la sueur de son torse coincée dans ses poils frisés, pendant que notre beau blond hurle son plaisir en se trémoussant. Alors, Jojo crie son désespoir, une fois encore que il l'aime. Un cri rempli de doutes, de peurs, une remise en question. Jamais homme ne s'est autant servi de son cerveau alors que son autre membre travaillait aussi...

Quand mon corps sur ton corps, Lourd comme un cheval mort...

Fin de l'acte. Jojo n'en peux plus. Vidé de toute substance, il est étalé sur son amant, son corps lourd (très lourd même, parce qu'un cheval mort, ça vaut son pesant de chanteurs ringards...) et son ventre rebondi recouvrant le corps frêle encore agité de soubresauts.

Ne sait pas ne sait plus, S'il existe encore...

La tête dans les mains, il hésite, se perd en conjectures, ce qui est particulièrement difficile pour un chanteur de pop. C'était tellement bon, oui mais c'est un homme, enfin pas vraiment, mais quand même...

Quand on a fait l'amour, Comme d'autres font la guerre, Quand c'est moi le soldat, Qui meurt et qui la perd.

Son cerveau, sans doute pas habitué à de si vives réflexions, lâche complètement. Jojo fuit la réalité et s'imagine en soldat vaincu. La perruque, les poils, les râles langoureux...c'est trop, il abdique. Il se résout finalement à faire face et à affronter la réalité. Il avoue enfin que il l'aime, que il l'aime, encore et encore...

Tout comme vous, je reprends mon souffle, haletant. Jean-Phi...gay... Des images m'assaillent. Jojo, son sac sur le dos, les portes du pénitencier se refermant lentement derrière lui. Il jette un dernier regard en arrière. Dans l'embrasure, le gardien lui fait un clin d'oeil d'adieu... Alors ça date de là!! Et maintenant, Johnny sur scène. Ses pantalons moulants en cuir...

Tout est clair maintenant. Cette chanson est le plus bel hymne homosexuel jamais écrit. Un refus des convenances et des préjugés. Il l'a clamé haut et fort et personne ne l'a compris!

Je lui adresse donc un message au nom de toute la France On t'a compris Jean-Phi! Assume toi, c'est comme ça qu'on t'aime! On est tous derrière...avec toi!

N'hésitez pas à laisser vos messages de soutien.

Blarguement vôtre...

Par BlargMaster - Publié dans : Analyses de textes - Communauté : Vive le désordre !
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